La-joie-de-l-equipe-de-France
Une victoire en coupe du Monde apporterait au pays un gain de bonheur important ?

Le football fait-il le bonheur ?

Dans un récent article du New-York Times, l’économiste Dean Karlan, de l’Université de Yale, a déterminé le classement des équipes du Mondial les plus favorablement aptes au bonheur. Il a considéré son problème d’un point de vue utilitariste, c’est-à-dire qu’une victoire finale devrait apporter une hausse du bonheur à la population, et que les pays les plus pauvres seraient ceux qui connaîtraient le gain relatif le plus important. Or, le football apporte-t-il réellement du bonheur ? Et peut-on objectivement classer et déterminer les apports du sport et de la Coupe du Monde aux pays qualifiés ? Qu’en dit la science du bonheur ?

Dean Karlan, dans son article, a accepté l’idée qu’une victoire en Coupe du Monde apporterait au pays un gain de bonheur sensationnel. On se souvient tous de juillet 1998, avec la France championne du monde, et on peut raisonnablement accepter l’idée. Néanmoins, cela en est-il véritablement prouvé ? Simon Kuper et Stefan Szymanski, dans Soccernomics, ont prouvé que, certes, le football apportait du bonheur et de la joie, qu’il permettait une réduction relative des suicides et des dépressions, mais qu’il n’était pas un facteur durable.

En effet qu’est-ce que le bonheur, si ce n’est un état durable de sérénité subjective et d’acception de soi. Être heureux ce n’est pas être béa devant autrui, devant une équipe, c’est d’abord une considération pour soi-même, on peut être heureux dans un pays pauvre ou heureux en supportant une équipe faible. Car si c’était le contraire, pourrait-on dire que le Danemark, considéré comme le pays où la population est la plus heureuse du monde, s’inquiéterait de ses faibles résultats sportifs ?

Le bonheur n’est pas une fin en soi, n’est pas un état recherché matériellement, nous ne sommes pas heureux pour ce que nous avons mais pour ce que nous sommes, et c’est un état subjectif, indépendant du reste, de ce qui nous entoure. Croire qu’en remportant la Coupe du Monde, le bonheur de toute une population va croître est une erreur car d’abord, statistiquement, ce n’est pas le cas, puis il y a une nuance entre le bonheur et le plaisir.

Oui, si la France gagne la Coupe du Monde, si l’Algérie passe les huitièmes, on verra des démonstrations de joie dans les rue et des fêtes inoubliables mais cela ne sera que transitoire. Le plaisir est dans l’instant alors que le bonheur est durable ; rechercher le bonheur est une quête personnelle, longue et philosophique, le plaisir est à saisir, à prendre et à continuellement rechercher, jamais contenté. Le bonheur n’est pas une option, un luxe mais est quelque chose de fondamentale, la vie ne s’arrête pas à une victoire en Coupe du Monde, elle continuera le lendemain.

Dean Karlan est un économiste utilitariste, descendant de John Stuart Mill, philosophe Britannique qui considérait que le bonheur pouvait se mesurer et s’acquérir à partir de l’étude des paramètres de vie. L’objectif alors de la science serait de trouver tous les moyens objectifs à mettre en oeuvre pour toucher le bonheur, emploi, salaire, niveau de vie, conditions, relations, etc. Le bonheur, chez lui, serait objectif et mesurable.

Karlan a alors construit un indicateur liant la passion relative de chaque pays au football (déterminé par le nombre de publications scientifiques en football sur l’ensemble lié au sport en général), le niveau de pauvreté (puisque, d’un point de vue utilitariste, comme l’argent fait le bonheur, il faudrait aider les plus pauvres que les plus riches) et la population totale. Il en découle un classement qui présente les équipes les plus aptes à récolter le plus grand bonheur en cas de victoire finale.

Or, l’argent n’a jamais fait le bonheur, il peut seulement y contribuer. En 1974, l’économiste Richard Easterlin avait mis en évidence un paradoxe entre richesse et bonheur : la hausse continue de la richesse d’un pays ne permet pas, à terme, une hausse continue du bien-être. Passé un cap, le bonheur globale stagne et ne dépend plus de la richesse nationale. Dans le même temps, des études internationales ont montré que certains pays pauvres, comme les Philippines ou le Mexique, présentaient des niveaux de bonheur plus importants que certains pays riches, comme les États-Unis ou la France.

Pour Karlan, une victoire du Nigéria en coupe du Monde apporterait le plus grand bonheur possible à la population

Pour Karlan, une victoire du Nigéria en Coupe du Monde apporterait le plus grand bonheur possible à la population

Dean Karlan considère que le Nigéria est l’équipe qui serait la plus heureuse en cas de victoire en Coupe du Monde parce que le pays présente une population nombreuse pauvre et que, pour Karlan, les pauvres sont moins heureux que les riches, élément que nous venons d’infirmer. Ce constat est faux.

Le football n’apporte pas le bonheur, il n’apporte pas de l’emploi, de la croissance, une amélioration du niveau de vie, une hausse de la scolarité, de la réussite universitaire, de la hausse des naissance, etc. Il n’apporte que joie et plaisir, que souvenir inoubliable et nuit festive, et c’est déjà pas mal.

 

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