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Et s'il était possible de prédire par un indicateur le pays qui succédera à l'Espagne au prochain mondial ?

Un indicateur économique pour prédire les performances au mondial ?

Une grande majorité d’observateurs voit le Brésil de Thiago Silva soulever le trophée en juillet prochain et ainsi succéder à l’Espagne. MDF et Pierre Rondeau vous proposent aujourd’hui une réflexion autour des modèles prédictifs dans le football en vous présentant en exclusivité un indicateur économique des performances à la prochaine coupe du monde.

Le Brésil est la Nation favorite de la coupe du monde pour de nombreux observateurs :

  • les supporters, puisque la majorité des français voient le Brésil comme le principal favori de la compétition, confirmé par les études de février et de mars réalisées par la TNS Sofres ;
  • les parieurs ensuite, où la moyenne des cotations a jugé la Seleção comme la plus probable à gagner le mondial ;
  • les opérateurs de statistiques comme Opta en jugeant l’historique des performances.

Néanmoins le postulat sportif sur lequel se fonde les parieurs et l’opérateur Opta ne peut être jugé seulement sur des considérations passées et empiriques. Ce n’est pas parce que l’équipe connait une tendance favorable à plus ou moins longue période qu’elle a une chance supplémentaire lors des compétitions. Ce n’est pas parce que les sélections précédentes ont connu des victoires que les sélections présentes connaitront le même dessein.

Il n’y a pas ou peu de signification dans les variables aléatoires passées. Le biais de l’étude Opta est de considérer les résultats des coupes du monde antérieures en corrélations avec les résultats de la coupe du monde 2014. Or, rien ne dit que l’évènement passé influence l’évènement futur. Dans cet ordre des choses, la France et l’Italie auraient dû être grandes favorites lors du mondial 2010. Tout comme en 2002, avec la France championne du monde pourtant éliminée au premier tour.

Il convient plutôt d’intégrer des variables économiques significatives, qui peuvent expliquer le phénomène. En synthétisant la somme de ces éléments, il est possible de construire un Indicateur de Performances Footballistiques (IPF) plus efficient que celui émis par Opta. Afin de réaliser cet exercice, nous avons choisi 7 variables explicatives :

  • la compétitivité sportive des joueurs de la sélection, estimée à partir de la masse salariale totale ;
  • la culture sportive, estimée à partir du nombre de pratiquants de football licenciés sur la population totale du pays ;
  • le PIB/habitant, le plus à même de juger le niveau de développement du pays (infrastructures, nutritions, etc.) ;
  • l’impact démographique, où l’on suppose que plus la population d’un pays est importante, plus ce dernier améliore la détection de joueurs performants ;
  • l’effet pays-hôte, avec une pondération de 20% puisque, historiquement, un pays a 1 chance sur 5 de remporter le trophée lorsqu’il joue à domicile ;
  • l’expérience sportive, calculée à partir de la somme des sélections de l’équipe-type ;
  • l’historique des performances, à partir de l’étude des résultats de l’équipe dans les 2 années qui précèdent le mondial.

L’ensemble de la méthodologie pour construire l’indicateur est expliqué plus en détail dans le document que nous avons réalisé pour cet article, à télécharger ci-dessous. L’ensemble des étapes sont présentées, ce qui permet de comprendre le sens de nos analyses qui vont suivre. Evidemment, comme toute constitution d’indicateur, le choix des variables est subjectif. Elles méritent ainsi d’être discutées et affinées, mais elles nous semblent les plus appropriées, tout en répondant à la contrainte de trouver des données internationales et donc comparables d’un pays à l’autre.

L’ALLEMAGNE GRANDE FAVORITE DU MONDIAL

Pour construire notre analyse, nous avons compilé les données pour les 7 équipes favorites à la prochaine coupe du monde. Nous obtenons le classement suivant :

PlaceNationsIndice
1Allemagne0.799
2Espagne0.670
3Belgique0.632
4France0.623
5Bresil0.620
6Argentine0.614
7Italie0.525

Confronté aux cotations des parieurs, ce résultat vient totalement contredire la croyance populaire. En effet, d’après les cotes, le Brésil est le grand favori du mondial (3.7), puis l’Argentine (5), l’Espagne (5.40), l’Allemagne (6.60), la Belgique (12), la France (17) et enfin l’Italie (18).

Or, lorsqu’on établit un classement à partir des considérations économiques, les conclusions se retrouvent bouleversées. L’Allemagne devient grande favorite de la coupe du monde. Elle tire ici parti de son excellente situation économique, du fait d’être le pays d’Europe le plus peuplé, d’avoir une très grande culture sportive et une équipe expérimentée.

Avec cet indicateur, le Brésil n’est « que » 5ème. Le pays subit son manque de résultats économiques et d’expériences, il ne profite que très peu de l’impact pays-hôte.

L’équipe surprise est la Belgique. Alors qu’elle participe à son premier mondial depuis 2002, elle se positionne sur le podium et vient titiller la grande Espagne, championne du monde et double championne d’Europe. Le pays plat bénéficie d’une génération de joueurs exceptionnels et d’une population fortunée passionnée de football.

Concernant l’équipe de France, le calcul lui est grandement favorable puisqu’elle passe de l’avant-dernière place du classement des favoris à la 4ème place. L’importante masse salariale en club de ses joueurs lui permet de rivaliser statistiquement avec les plus grandes nations présentes et de pouvoir prétendre à une place dans le dernier carré.

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Et si la Belgique avait une chance de remporter la coupe du monde ?

SEULEMENT DES ESTIMATIONS

Néanmoins, il convient de nuancer ces résultats. Ils n’auront jamais une efficience de 100 %, nous ne pourrons jamais prédire sans faute le résultat d’une compétition. Autrement dit, cela sonnerait le glas de la « glorieuse incertitude » du sport et il n’y aurait plus d’intérêt pour les nations à concourir et pour le public à assister aux matchs, comme le gagnant serait connu d’avance.

Il ne s’agit que d’estimations, d’informations économiques capables d’expliquer une tendance. Les variables liées aux facteurs humains et aux facteurs sportifs ne peuvent être intégrées au modèle car elles sont bien trop subjectives.

Ainsi, seul l’avenir pourra nous donner le vainqueur de la prochaine coupe du monde.

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À propos Pierre Rondeau

Professeur d'économie à l'université Paris1 Panthéon-Sorbonne, je me passionne pour les problématiques de l'économie et de la sociologie sportive, plus particulièrement celles qui touchent le football moderne.

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