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Quels sont les pays fans de l’équipe de France sur Facebook ?

Le 29 juillet, la FFF annonçait que l’équipe de France franchissait la barre des 3 millions de fans sur Facebook, après une Coupe du Monde où les bleus auront fait bonne figure. Suite à cette annonce, nous avons souhaité en savoir plus sur les fans de l’équipe de France. Ses fans sont-ils majoritairement des français ? Quels sont les autres pays à être fans de l’équipe de France ? Par rapport aux autres équipes nationales du Big-5, comment se situe la popularité des bleus ? 

Suite à l’annonce de la FFF, nous nous sommes rapidement interrogés : quelle est la répartition des fans par pays de la page “” sur Facebook ?

Pour répondre à cette question, nous avons récupéré les données de répartition géographique des fans de la page des bleus ainsi que celles de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et de l’Angleterre pour la suite de nos analyses. Ces données se limitent aux 45 pays qui recensent le plus de supporters  (inscrits Facebook résidents dans ces pays) pour chacune des 5 pages analysées.

Elles sont officielles puisqu’elles proviennent directement de l’API de Facebook. De plus, nous pouvons affirmer avec certitude que la FFF n’a procédé à aucun achat de “likes”, puisque la progression depuis la création de la page de l’équipe de France en janvier 2011 est cohérente avec l’animation de la page et des résultats de l’équipe nationale. Enfin, notons que l’échantillon de données sur les 45 pays les plus fans des équipes du Big-5 nous suffit pour donner une tendance de fond à notre analyse puisqu’il représente à lui seul plus de 90 % du nombre total de fans de chaque équipe nationale.

>> Toutes les données analysées dans cet article sont accessibles librement en cliquant ici

Une notoriété indéniable auprès des français

Après analyse, nous apprenons qu’au 29 juillet 2014, date où les bleus ont franchis la barre des 3 millions de fans sur Facebook, 65 % des fans de l’équipe de France sont des français (du moins, inscrits sur Facebook comme résident en France), sur le total des 45 pays les plus fans des bleus. Le reste du top-10 des pays fans des bleus étant constitué de l’Algérie (6 %), du Maroc (3 %), de la Tunisie, des Etats-Unis et de la Côte d’Ivoire (2 %), puis de l’Egypte, du Brésil, du Sénégal et de la Belgique (1 %).

Le bon parcours des bleus à la Coupe du Monde a eu un impact significatif sur le développement de la notoriété de leur fanpage, puisque celle-ci est passé de 2 à 3 millions de fans entre le 5 mai et le 29 juillet. Ce bond de 50 % entre ces deux dates a-t-il été porté par un pays en particulier ou est-il dû à une augmentation globalement similaire au sein du top-10 des pays fans des bleus ? Ainsi, pour répondre à cette question, nous avons récupéré les données de répartition à la date du 5 mai, jour où la FFF avait annoncé que la page avait franchi le cap des 2 millions.

Après analyse des données entre le 5 mai et le 29 juillet, il s’avère que l’augmentation du nombre de français fans de l’équipe de France est de 55 %. La proportion de fans français a donc augmenté plus rapidement en moyenne que la fanpage des bleus. Ainsi, le développement de la notoriété de la fanpage des bleus a donc majoritairement été portée par les français. Cette observation est intéressante puisqu’elle peut être considérée comme un effet direct de la stratégie mis en place par la FFF pour redorer l’image des bleus auprès de leur public, à deux ans de l’Euro 2016.

La fanpage des bleus face aux principales équipes européennes

Afin de mettre en perspective nos premières analyses, nous avons comparé ces données à celles des fans des équipes nationales des 4 autres pays du Big-5 européens, à la date du 29 juillet 2014 :

Le premier élément révélé par cette analyse est la forte proportion de fans “locaux” de l’équipe de France par rapport aux quatre autres pays : 61 % des fans de l’équipe de France sont des français ; la seconde page la plus “likée” par les supporters de leur propre pays est celle de l’Allemagne avec 49 %, loin devant l’Angleterre (37 %), l’Espagne (35 %), et l’Italie (31 %). Ainsi, malgré les 3 millions de fans sur Facebook, l’équipe de France peine à faire parler d’elle hors de France par rapport à ses voisins européens.

Ces éléments font ainsi apparaitre que la page de l’équipe de France est moins “mondialisée” que les autres pays du Big-5 et peine à s’exporter. Pour autant, si ces éléments peuvent faire pointer une faiblesse de la page de l’équipe de France, nous pouvons considérer que le “supportérisme” de sa population est globalement plus important. De leur côté, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne et surtout l’Italie sont des pages fédérant beaucoup plus de fans dispersés aux 4 coins du globe.

Enfin, un élément intéressant ressort de notre analyse : l’importance de pays fans des équipes nationales du Big-5 alors que le football professionnel y est moins développé, structuré et médiatisé. Nous remarquons par exemple la forte proportion de fans issus de l’Inde, de l’Indonésie, de la Malaisie, ou encore de la Thaïlande. Nul doute que l’histoire, les stratégies commerciales des clubs anglais dans ces pays (exemple de Liverpool en Inde) et le récent rachat de l’Inter Milan par un indonésien ont un impact significatif sur la notoriété des équipes nationales dans ces pays.

Les limites de notre étude

Enfin, notre étude ouvre des perspectives de réflexion plus larges.

Tout d’abord, elle amène à se poser la question de la valeur sociale du “like” sur Facebook : aime-t-on une équipe nationale parce que nous sommes réellement des supporters engagés ? Aimer une page d’une équipe nationale suffit-elle a mesurer la popularité d’une équipe nationale à l’échelle mondiale ?

Il est important de garder à l’esprit que de nombreux utilisateurs de Facebook déclarent fréquemment utiliser – à tord – le like pour “surveiller” l’actualité de certaines pages, alors qu’il ne sont pourtant pas en accord avec les valeurs véhiculées par ces dernières. A ce titre, rappelons que la surveillance d’une page Facebook peut-être réalisée sans la “liker”, grâce des outils qui permettent de générer un flux RSS de ses publications.

valeur sociale like facebook

De plus, l’étude ne se borne qu’à analyser la popularité des équipes nationales sur Facebook. Conclure sur cette simple analyse reviendrait à adopter une position purement ethnocentrée, puisque Facebook ne dispose pas d’un taux de pénétration identique dans chaque pays du monde ; des pays comme la Russie et la Chine ayant chacun leur propre réseau social, d’autres bloquant purement et simplement l’accès à Facebook.

Enfin, l’étude ne prend pas en considération le nombre d’habitants exposés à Facebook dans chaque pays du monde. Pour affiner cette dernière, il conviendrait par exemple de pondérer la population totale de chaque pays par le taux de pénétration de Facebook dans ledit pays. Ce qui contribuerait notamment à faire ressortir la popularité des équipes nationales auprès de chaque pays.

Une étude qui ouvre de nouvelles perspectives pour la FFF

Cette étude reste néanmoins intéressante en de multiples points car elle donne :

  • une tendance générale de la capacité de la FFF à mobiliser les français derrière leur équipe ;
  • une idée globale de la popularité de l’équipe de France à travers le monde, en la comparant à d’autres équipes européennes ;
  • les marges de progression de la page des bleus, en passant notamment par une stratégie visant à l’internationaliser afin de toucher de nouveaux publics.

A ce titre, nous pouvons penser qu’après le renouement du lien entre l’équipe de France et ses supporters, la stratégie de la FFF sera de développer la notoriété des bleus à l’international. Les décisions récentes de la FFF tendent à renforcer cette hypothèse. Outre l’aspect sportif, la décision de réaliser les matchs de préparation des bleus à l’Euro 2016 face à des équipes de renommée comme l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie ou la Colombie ne doit probablement pas y être étrangère. A condition bien sûr que les bleus soient à la hauteur… Enfin, à terme, il n’est pas impossible que les tournées à l’étranger des bleus se développent, puisqu’elles peuvent également être un excellent moyen de développer la notoriété d’une équipe ; l’exemple récent du PSG en Chine suffit pour s’en convaincre.

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Pour la FFF, cette internationalisation serait intéressante en termes d’image, mais aussi et surtout en termes marketing. Elle permettra de toucher de nouveaux publics et de nouveaux fans, afin d’accroitre le potentiel de recettes de la FFF (ventes de produits dérivés, contrats de sponsoring, droits TV, etc.). Il suffit d’observer que le récent sacre de l’Allemagne a permis à la fédération Allemande de vendre les droits TV de son équipe à BT Sport, une chaine anglaise, pour s’en convaincre.

Notre méthodologie a été reprise et approfondie dans de nombreuses analyses en intégrant les données de population de chaque pays afin de surmonter la 3ème limite que nous pointons dans le présent billet :

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À propos Bryan Coder

Passionné de football et économiste de formation, je suis spécialiste en veille stratégique. Je mets à contribution mon profil de « veilleur-analyste » afin de décrypter les stratégies mises en place par les acteurs de l’économie du football pour assurer leur développement, leur compétitivité et leur attractivité.

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