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Mondial-2022 : le Qatar « engagé » dans la protection des travailleurs

Le Qatar, pays hôte du Mondial-2022, s’est déclaré « engagé moralement » dans la protection des droits des travailleurs lors d’une conférence organisée à Doha le jour de la Fête du travail (1er mai), qui n’est pas célébrée dans le richissime émirat gazier.

Le petit Etat est vivement critiqué pour la situation des travailleurs migrants qui sont employés pour assurer l’organisation de l’événement. A ce titre, il organisait jeudi 1er mai une conférence à Doha, où des déclarations devaient être faites sur la protection des travailleurs. , fortement engagé sur ce dossier y était bien évidemment présent.


Durant la conférence, la directrice chargée des questions internationales d’Amnesty International, Audrey Gaughran, a appelé le Qatar à prendre des mesures « concrètes » contre les abus en ce domaine sur son territoire. Selon elle, le gouvernement a l’obligation de protéger les droits des travailleurs, précisant qu’elle avait rencontré la veille dix travailleurs népalais vivant dans des « conditions révoltantes » depuis que leur employeur qatari a disparu avec leurs passeports.

 

« Ils vivent d’aumônes », dans l’impossibilité de rentrer chez eux bien qu’ils aient payé leurs billets de retour, faute de passeport et d’autorisation de sortie, a-t-elle expliqué. Elle a toutefois reconnu « l’ouverture d’esprit » du gouvernement et les mesures prises par les autorités et le comité local d’organisation du Mondial-2022 pour freiner les abus. Son intervention fait suite à la publication le mercredi 23 avril du rapport officiel d’Amnesty International dénonçant l’absence de protection des employées de maison migrantes victimes d’exploitation, notamment de travail forcé et de violences physiques et sexuelles.

C’est dans ce contexte que le ministre du Travail et des Affaires sociales, Abdallah Al-Khulaifi a répondu que le Qatar était « engagé, moralement et par principe, dans la protection des droits du travail ». Pour cela, le ministre du Travail a également annoncé dans une précédente session de la conférence un projet de construction de deux « cités du travail » dans la zone industrielle de Doha, qui pourront héberger 100.000 travailleurs. D’autres ensembles seraient déjà en construction à d’autres emplacements.

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Amnesty International avait épinglé le Qatar dans son rapport publié le 17 novembre 2013 sur la situation des travailleurs migrants dans l’Emirat.

De plus, selon le Gulf Times, le gouvernement aurait pris mercredi une recommandation pour garantir le versement à temps des salaires aux travailleurs étrangers. Toujours selon le quotidien, ce système prévoit de verser les salaires à la première semaine de chaque mois. Les employeurs qui ne s’y conforment pas seraient pénalisés.

Accusé depuis septembre 2013 de tolérer sur ses chantiers des conditions de travail proches de l’esclavage, l’émirat a publié en février une charte destinée à améliorer le sort des centaines de milliers de travailleurs asiatiques appelés à bâtir les infrastructures du Mondial-2022. La charte est censée améliorer les droits des quelque 1,4 million de travailleurs étrangers employés au Qatar, la plupart originaires d’Inde, du Sri Lanka, du Népal et du Bangladesh.

Lors de la sortie de cette charte, Amnesty International avait pointé un effort positif mais partiel, puisque ne répondant « qu’aux préoccupations d’une proportion relativement faible des migrants au Qatar, ceux impliqués dans la construction des stades et des terrains d’entraînement » selon James Lynch, chercheur d’Amnesty sur les droits des migrants dans le Golfe. De plus, la charte ne revient pas sur la kafala (parrainage), le système qui enchaîne les ouvriers à leur employeur. Mme Gaughran a recommandé, devant la conférence, d’abolir ce système et surtout sa disposition qui exige un visa de sortie pour tout étranger vivant au Qatar :

Le visa de sortie est une violation flagrante des droits de l’Homme.

Rappelons que la estime que l’organisation de la Coupe du monde au Qatar représente une chance afin de faire la lumière sur les situations réelles des travailleurs dans le petit Etat, plutôt que ces conditions déplorables aient lieu loin des projecteurs. La fédération a également reconnue en mars qu’elle n’avait pas pris en compte la situation des droits de l’Homme quand, en 2010, elle avait choisi le Qatar comme pays hôte du Mondial de 2022. Pour le choix des prochains pays hôte des coupes du monde (2026, 2030, etc.), ce critère devrait être pris en compte dans les dossiers de candidature. Enfin, en mars, elle a rencontré la FIFPro, puis l’IBB, afin d’aborder la question des droits de l’Homme au Qatar.

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